mardi 2 mai 2017


INSA de Lyon – INSA Lyon 5717 – Chapitre 5-1 : Commentaires

 
         Ce chapitre comme le suivant traite du passé récent de l’INSA de Lyon. Ayant été un témoin actif des deux mandats de M. le Professeur Alain Storck, et du premier mandat du directeur actuel, les commentaires sont beaucoup plus étoffés que ceux des chapitres précédents. Ils seront présentés dans des paragraphes distincts pour limiter la longueur de chaque article de ce blog. Ils ne méritent pas de tous figurer dans une histoire de l’établissement mais ils peuvent donner un éclairage différent de la compilation des anecdotes du document « twiteur »  INSA Lyon 5717.Ces commentaires ne sont pas exhaustifs et peuvent être corrigés et complétés par d’autres témoins.

 Cette cinquième période voit le retour d’un  Professeur d’Université, l'ex-directeur de l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de l’Université  de Nancy est nommé à la direction de l’INSA de Lyon. M. Alain Storck était un candidat universitaire, enseignant-chercheur, docteur ès sciences comme son prédécesseur chimiste Henri Lefebvre ancien X, mais simplement diplômé de l’école dont il venait d’assurer la direction.

Pour diriger l’établissement, et comme son prédécesseur, ce septième directeur ne s’est pas appuyé sur le comité de direction constitué des directeurs de département, structuration néammoins prévue à l’Article 36 de la loi Savary. M. le Professeur A. Storck a repris le concept d’équipe de direction, mis en place par M. Joël Rochat en l’étoffant d’une Direction de la Communication, et d’une Direction des Ressources Humaines. M. Claude Guédat, directeur du  département de Télécommunications et Usage en fin de contrat à durée déterminée sur ressources propres, s’est porté unique candidat à ce poste, et a ainsi assuré son avenir professionnel sur une ligne budgétaire financée par l’Etat.... Ancien ingénieur INSA du département Génie Electrique, il avait travaillé à France Télécom avant la privatisation et les « réorientations » de carrière suggérées par les tutelles. Son CV ne comportait pas d'expérience préalable conséquente en gestion ds ressources humaines.  M. le Professeur A. Storck a du aussi intégré M. le Professeur J.-C. Bureau, le Directeur des Relations Internationales, dans le groupe fonctionnel de l’équipe de direction. La Direction adjointe a été assurée par M. le Professeur Louis Flamand, ex-directeur du Département Génie Mécanique Développement et du Laboratoire de Mécanique des Contacts, puis par Mme Corinne Subaï, Professeure agrégée au Département Génie Industriel, et enfin par M. le Professeur Gérard Grange, ex-directeur du département Génie Electrique. La Direction de la Formation a été reprise par M. le Professeur Martin Raynaud du Département Génie Energétique, et la Direction de la Recherche par M. le Professeur Jean-Marie Raynouard, du département Génie Civil et Urbanisme, ex directeur du Laboratoire de Génie Civil et Ingénierie Environnemental. On remarquera la grande diversité des spécialités dans la composition de cette équipe de direction, elle disparaitra en 2011 à l’arrivée de M. le Docteur E. Maurincomme!
Pendant le premier mandat de M. le Professeur A. Storck, le comité des directeurs de département prévu par la loi a été démultiplié en comité de direction plénier avec l’introduction des directeurs de laboratoire, en comité de direction formation réservé aux directeurs de département, et en comité de direction recherche réservé aux directeurs de laboratoire. Ce changement de structuration de l’établissement s’est fait sans modification des statuts de l’établissement. Ces chambres d’enregistrements étaient des « lieux d’échange » avec un émetteur, la direction, et des récepteurs, les autres, avec par moment des transmissions brouillées... Cette évolution que l’on aurait pu qualifier d’avancée démocratique était un premier écart à l’esprit de la loi Savary qui avait placé les laboratoires des universités sous la responsabilité des Unités de Formation et Recherche, l’équivalent des départements à l’INSA de Lyon. La mission formation de l’INSA passait petit à petit au second plan derrière la mission recherche pour suivre la tendance nationale téléguidée par l’évolution des carrières des enseignants-chercheurs et les encouragements aux fusions des entités de recherche. L’épizootie de Jiationguite aigue couvait.

A la différence de la direction actuelle, M. le Professeur Alain Storck  a continué le développement des relations internationales. Avec M. le Professeur J.-C. Bureau, puis M. le Professeur M. Raynaud, à la tête de la Direction des Relations Internationales, les premiers doubles diplômes ont pu voir le jour dés 2000 avec l’Université Polytechnique de Catalogne, en 2002 avec la Technische Hochschule de Karlsruhe, en 2003 avec Trinity College near Dublin, etc. Ces coopérations, avec l’aide de Jean-Louis Boitieux opérant à Bruxelles, ont permis d’obtenir un contrat Erasmus Mundus financé sur cinq ans. L’INSA de Lyon a ainsi remis des doubles diplômes CTI  d’ingénieur en génie mécanique à des étudiants brésiliens, chinois, vietnamiens, thaïlandais, équatoriens, camerounais, éthiopiens, etc. avec l'Université Polytechnique de Catalogne et Trinity College. Les frais d’inscriptions spéciaux, sponsorisés par la Commission Européenne avec des bourses conséquentes ont permis de financer directement une grande partie du renouvellement de la plate forme des procédés de fabrication du Département Génie Mécanique Conception. Les équipements n’avaient pas évolué depuis les années 70… Les autres sources de financement de ce renouvellement de matériel lourd ont été la région Rhône-Alpes et la direction de l’INSA. Cette dernière a fourni, dans la même période, les crédits au Département  Génie Electrique pour sa plate-forme de TP lourds toute aussi vieillissante. On remarquera que les actions internationales judicieusement choisies peuvent être directement ou indirectement une source de crédits non négligeable….
          La dynamique à l’international a continué jusqu’au départ dans l’industrie de M. le Professeur Martin Raynaud. L’INSA de Lyon avait été contacté à l’époque par l’Université de Technologie de Compiègne pour s’associer au projet d’Université de Technologie sino-européenne de l’Université Municipale de Shanghai. Créé en 2005, cet établissement international forme avec les trois Universités de Technologie de Compiègne, Troyes, et Belfort-Montbéliard  250 étudiants/ an  environ  dont 190 viennent en France pour préparer un Master ou un double diplôme d’ingénieur. L’INSA de Lyon a décliné cette offre car l’Université Municipale de Shanghai ne  jouissait pas d’une très bonne réputation au niveau international. La direction d e l'INSA de Lyon et M. le Professeur Martin Raynaud ont préféré suivre une voie propre à l’INSA. Ils ont soutenu activement le démarrage des relations de coopération avec la North-western Polytechnical University de Xi’An où intervenait aussi Sup’Aéro de Toulouse. Un accord de double diplôme a été conclu en 2009. En Juillet 2017, l’INSA de Lyon devrait « double diplômer » le centième étudiant de NPU.
          Depuis le départ de M. le Professeur Martin Raynaud et son remplacement par Melle Marie-Pierre Favre, BIATS placée par M. le Professeur Alain Storck sous la double tutelle fonctionnelle des directions de la formation et de la recherche, plus aucun développement conséquent des RI n’est visible malgré les propositions formulées par les partenaires étrangers.

Le document 5717.insa-lyon donne une large place à l’intégration de l’Ecole Supérieure de Plasturgie d’Oyonnax pendant le mandat de M. le Professeur Alain Storck. Le succès relatif de l’opération lui revient sans contestation. Sans sa volonté politique partagée par une grande partie de l’équipe de direction, « l’adossement » de cette école aurait pu tourner à la catastrophe. Le projet a été convenablement géré avec un comité de pilotage coordonné par M. le Professeur Louis Flamand, Directeur adjoint. Deux départements, Génie Mécanique Conception et Sciences et Génie des Matériaux avaient manifesté leur intérêt de créer une nouvelle filière orientée plasturgie, c’était une opportunité de proposer une formation dans un domaine hors matériaux métalliques qui complétait les spécialités existantes. Cela correspondait à une demande de l’industrie de plus en plus utilisatrice de matériaux élastomères, polymères, et composites dans les produits et les machines en complément ou remplacement des matériaux traditionnels comme l’acier, les alliages d’aluminium, les titanes, etc. Dans ce projet, GMC voyait aussi, d’une part une possibilité d’augmenter son flux de diplômés pour répondre à la demande du marché du travail en ingénieurs mécaniciens, et d’autre part la pérennisation de l’activité pédagogique de ses enseignants-chercheurs dans le contexte de la réduction du face à face pédagogique. 

L’aventure commune aux deux départements, ardemment souhaitée par la direction de l’INSA, a tourné court. M. le Professeur Jean-François Gérard, directeur de l’ancien Laboratoire de Physique des Matériaux Polymères rattaché au département Sciences et Génie des Matériaux, s’est opposé catégoriquement à toute reprise d’activité pédagogique complète sur le site de l’Ecole Supérieure de Plasturgie à Oyonnax et à la création d’une nouvelle filière. Son projet était de réduire l’ancien établissement à une plate-forme de Travaux Pratiques pour les départements de Villeurbanne, de rapatrier les activités de recherche dans son laboratoire, et de récupérer la taxe d’apprentissage versée à l’Ecole Supérieure de Plasturgie par les industriels de la Plastic Valley…

  La direction de l’époque n’a pas choisi cette option destructrice et a confié la création de la nouvelle filière Génie Mécanique Procédés Plasturgie au seul département Génie Mécanique Conception. L’opposition à l’adossement de l’ex ESP perdure plus dix ans après l’intégration officielle, et de nombreuses manœuvres ont du être contrées pour respecter les engagements pris par l’INSA de Lyon. L’éloignement des deux campus est évidemment un handicap mais avec un peu de bonne volonté il serait facilement gérable en consacrant des moyens financiers relativement faibles comparés aux enjeux. L’échec principal de cette opération se situe au niveau de la mission recherche, le Groupe de Recherche Pluridisciplinaire en Plasturgie n’a jamais existé que sur le papier. Les quatre laboratoires, soi-disant fondateurs du dit GRPP, ont été ses fossoyeurs. Deux d’entre eux ont commencé par récupérer deux des quatre maîtres de conférences qui travaillaient sur Oyonnax. Ensuite à chaque publication de poste d'enseignant-chercheur destiné au site d’Oyonnax, les laboratoires se sont arrangés avec les Commissions de Spécialistes, puis les Comités de Sélection, pour recruter des profils satisfaisants pour leurs équipes de recherche de Villeurbanne sans aucune volonté de développer une vraie recherche à Oyonnax. Il est fort malheureux que la direction de l’époque ne se soit pas opposée au démantèlement du potentiel humain du site d’Oyonnax. Ce n’est pas la faiblesse de la direction actuelle qui pourra contrecarrer le vrai pouvoir des laboratoires. Seuls trois enseignants-chercheurs de trois spécialités différentes ont leurs résidences principales administratives à proximité des locaux d’enseignement et de recherche. Une seule équipe de deux permanents a une activité de recherche visible effectuée sur le campus de  Bellignat. Pour tenter de rééquilibrer cette politique de recherche incohérente, M. le Professeur Alain Storck a imposé l’installation de la Cabine Expérimentale de Peinture à proximité du site de plasturgie de l’INSA de Lyon. Faute de laboratoire spécialisé dans le domaine à l’INSA de Lyon, le futur de  cet embryon de recherche appliquée est plus que compromis à long terme malgré son rattachement formel au Laboratoire d’Ingénierie des Matériaux Polymères devenu le Laboratoire d’Ingénierie des Matériaux Polymères…. Les laboratoires de l’INSA de Lyon ont raté une formidable occasion de constituer un véritable pole de recherche pluridisciplinaire, notamment dans le domaine de la mise en œuvre des  composites pour les applications en environnement sévère.
Il est difficile d’expliquer comment des enseignants-chercheurs de Lyon peuvent travailler avec des collègues situés à des centaines ou des milliers de kilomètres et être incapables d’envisager des collaborations avec des voisins immédiats sur des moyens expérimentaux disponibles à 70 km de leurs bureaux ! Heureusement que le siècle actuel est celui de la mobilité….
 
 
Prof. J.-C Boyer
Ex-Directeur du Département Génie Mécanique Conception

 

mercredi 5 avril 2017


INSA de Lyon – INSA Lyon 5717 – Chapitre 4 : Commentaires

 

Cette quatrième période voit l’arrivée d’un second polytechnicien à la direction de l’INSA de Lyon mais on notera l’amorce de la baisse du pedigree des locataires de la résidence de fonction. M. Joël Rochat n’était pas un universitaire enseignant-chercheur comme son prédécesseur de l’X, Henri Lefebvre. Le second directeur de l’INSA était docteur ès sciences, doyen pendant plusieurs mandats à la Faculté des Sciences de Lille et directeur-fondateur de l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Lille.

Le sixième directeur a été enseignant vacataire à Nanterre de 1962 à 1968, mais son expérience professionnelle venait essentiellement de sa carrière à France Télécom comme Ingénieur Général. Son arrivée a suivi la mise en place en 1990 du nouveau statut de l’INSA transformé en EPSCP (Etablissement Public à Caractère Scientifique Culturel et Professionnel) en application tardive de la loi de Janvier 1984. C’est cette loi Savary régissant les établissements d’enseignement supérieur qui a imposé la création  du Conseil des Etudes et du Conseil Scientifique.  Elle a aussi institué avec l’Article 36 un comité de direction constitué des directeurs de départements qui devait assister le directeur de l’établissement. Joël Rochat a effectivement structuré la direction en s’entourant de personnes compétentes en formation et recherche mais a transformé le comité des directeurs de département en chambre d’enregistrement. Il a préféré tailler sur mesure une équipe avec une direction adjointe confiée à  M. le Professeur P. Lareal, une direction de la recherche avec M. le Professeur Goutte à sa tête, et à partir d’une base existante limitée à la gestion de la scolarité, une direction de la formation  reconfigurée  avec  M. le Professeur N. Mongereau à sa tête. Cette équipe de direction « fonctionnelle » devait être formellement distinguée des autres directions dites « opérationnelles » ....

Bien que novice en la matière, M. Joël Rochat était membre du Comité d’études sur les formations d’ingénieurs à la CTI. Mais, pendant ses deux mandats, deux nouveaux départements ont vu le jour. D’abord, Génie Productique, une émanation du Département d’Informatique, qui aurait du s’appeler immédiatement Génie Industriel pour éviter aux recruteurs une certaine confusion avec des étudiants spécialisés en production. Puis, Télécommunications et Usages qui avait une définition cohérente. Ce nouveau département a eu un certain succès auprès des étudiants pendant quelques années mais a connu ensuite quelques difficultés de recrutement.

A la différence de la direction actuelle, M. Joël Rochat a compris que la consolidation de l’INSA passait aussi par des activités internationales visibles. M. le Professeur J.-C. Bureau n’a pas été freiné pour le projet d’EURINSA qui a succédé à Euforia. Ce dynamisme, passé, s’est transformé comme un essai au rugby, avec ASINSA puis AMERINSA. La direction de l’époque allait dans le sens de l’histoire….

De 1991 à 2001, des prétendues innovations pédagogiques ont soi-disant vu le jour : notamment les projets collectifs. En fait, les technologies dites nouvelles découvraient des pratiques d’apprentissage fondamentales  des technologies existantes mises en œuvre depuis des dizaines d’année. Mais en ignorant l’existant, on peut clamer prendre des risques en innovant…. Faire du neuf avec du vieux est un grand art.

M. Joël Rochat a aussi participé au groupe « Humanités pour les ingénieurs » de la CGE mais il n’est pas exact de lui attribuer la création du Centre des Humanités qui existait dés la création de l’INSA conformément aux principes des fondateur J. Capelle et G. Berger.  Le premier directeur de ce centre était d’ailleurs un polytechnicien, l’Ingénieur Général P. Idate, promoteur de la cybernétique dans les années 60. Les enseignants des Humanités étaient rassemblés dans une même structure depuis de nombreuses années bien  avant l’arrivée de M. Joêl Rochat  contrairement à ce qui est écrit dans le document 5717! Son intervention dans ce secteur n’a pas résolu pour autant les problèmes dus à l’hétérogénéité des disciplines et la diversité des personnels enseignants. Par contre, il a poussé à la généralisation du Projet Personnel en Humanités aussi couteux que controversé. Les anciens étudiants de 68 n’ont pas vu évoluer ceux de l’an 2000 et ont pensé qu’ils étaient acculturés !  Il est fréquent qu’un gestionnaire incompétent dans le cœur de métier d’un établissement consacre son activité sur des sujets certes importants mais de deuxième ordre.

Les faits négatifs les plus marquants de la période 1991-2001 sont les suivants :

-        l’introduction de la politique à l’INSA avec ses fameux relais de l’intérieur qui ont œuvré pour la candidature de M. Joël Rochat à la direction de l’INSA. Le château a pris une coloration bien affirmée peu respectueuse de la neutralité universitaire.

-        un ostracisme vis-à-vis de certaines spécialités jugées  « has been » en contradiction complète avec les secteurs industriels les plus performants du pays.

-        une première réduction du face à face pédagogique pour diminuer les heures complémentaires sans se soucier des besoins de la formation avec l’évolution technologique.

-        une absence totale d’investissement pour le renouvellement du matériel pédagogique lourd. Choix délibéré que la santé budgétaire de l’époque ne justifiait pas.

-        un grossissement du personnel administratif embauché sur ressources propres avec évidemment une réduction de crédits consacrée à la formation.

 

       En plus de la création de deux départements, on doit néanmoins à M. Joël Rochat des changements positifs. Voici une petit liste non exhaustive à compléter :

-        la gestion de la période difficile de la remise aux normes sanitaires des restaurants,

-        l’ouverture du campus avec l’arrivée de la ligne T1 du tramway,

-         le baptême des rues et impasses du campus INSA,

-        le démarrage de la réfection des résidences des étudiants.

-        la création d’INSAVALOR sur proposition, ironie de l’histoire, d’un ancien militant d’extrême gauche de 68.

 

        M. Joël Rochat a un en commun avec l’occupant actuel de la direction le changement de logo mais la notion de marque INSA ne peut lui être attribuée. Le bilan de ses deux mandats est enviable comparé à un autre plus récent. Son reclassement après sa période INSA a été particulièrement douloureux. Bien introduit dans la vie lyonnaise, M. Joël Rochat avait des ambitions politiques locales mais ses fameux relais internes, qui avaient activement soutenu sa candidature en 1991, l’ont laissé tomber après un échec aux élections municipales dans un arrondissement de Lyon. Triste épilogue qui était prévisible !
 
Jean-Claude Boyer
Professeur ( Retraité) INSA de Lyon - CM70

lundi 6 mars 2017


INSA de Lyon INSA-Lyon 5717 – Commentaires Chapitre 3 : 74-71

         A priori, un directeur a été oublié entre le long intérim de M. le Professeur Robin et la prise de fonction de Raymond  Hamelin. Il s’agit de M. Casadevall (ou Casadeval ?) qui n’a du rester qu’une année universitaire au plus. Pour établir une liste complète et exacte des ex directeurs de l’INSA de Lyon, il faudrait vérifier s’il s’agissait du Professeur de Chimie de Montpellier, docteur ès sciences physiques, qui a été nommé Recteur de l’Université de Créteil en 1974.
      Son nom apparait dans l’historique de l’Institut Industriel du Nord à Lille qui, au début des années 60, avait été initialement prévu comme le quatrième INSA. M. le Professeur André Casadevall a aussi travaillé à la Direction des Enseignements Supérieurs avant d’être nommé Recteur de l’Université de Versailles. Il exerce peut-être encore à Paris-Dauphine. Il serait intéressant de clarifier ce passage à la tête de l’INSA pour connaitre les qualités «académiques » et les expériences préalables de toutes les personnes qui ont dirigé l’établissement depuis sa création.
 
Raymond Hamelin était un ancien de Normal Sup Ulm, agrégé de  physique en 1954, docteur ès sciences en 1959, professeur d’université, ancien conseiller scientifique à l’ambassade de France à Washington. Le Recteur Capelle, lui aussi ancien de Normal Sup de la rue d’Ulm, et docteur es sciences dés 1938,  l’a sollicité pour prendre la direction de l’INSA de Lyon après la fusion des sociétés Péchiney et Ugine-Kuhlmann. Raymond Hamelin était le directeur scientifique de cette dernière société avant de prendre ses fonctions à l’INSA de Lyon. Il a été élevé au grade d’officier de la légion d’honneur en 2004.
Est-ce le passé d’enseignant de Raymond Hamelin qui a permis à l’INSA de remplir correctement sa mission de formation inscrite dans ses statuts pendant qu’il était directeur ? Le marché de l’emploi et la politique locale l’a obligé à fermer le département de Chimie mais de nombreux collègues de cette discipline se sont insérés dans le département de Génie Energétique et Environnement.
Sa décision de séparer le premier cycle en lanières laisse rêveur à l’heure où l’on prône la fusion des départements de spécialités pour entre autres choses faire des économies assez ridicules d’heures de face à face. L’époque n’est plus à l’innovation pédagogique avec de nouvelles filières originales comme SCAN ou les sports-études, musiques-études, etc. On est passé de l’avant-garde à l’arrière garde comme le montre l’évolution de l’INSA de Lyon dans les classements nationaux et internationaux.
Les mandats de Raymond Hamelin se sont prolongés en raison des délais de mise en place de la loi SAVARY. Les textes devant régir les nouveaux EPSCP lui ont valu de rester 17 ans au lieu de 10, mais ces nombreuses années ont été bénéfiques avec, entre autres choses, la création d’INSAVALOR qui a apporté un potentiel de développement aux laboratoires de recherche. L’histoire de CAST SA est moins glorieuse avec la quasi-faillite d’INSACAST due aux coupes sombres des budgets de formation continue dans les entreprises clientes. Une grande partie du personnel particulièrement compétent a été licenciée et un poste de Directeur de la Prospective a été créé pour éviter l’ANPE à Raymond TERRACHER, notable municipal à Villeurbanne…
La genèse du double-mixte  et ses premières années de gestion chaotiques vaudraient un paragraphe à écrire par l’Association des Ingénieurs de l’INSA de Lyon de l’époque.
Mais, a priori, l’AIDIL qui lui a succédé semble être persona non grata dans la communication des événements 5717 orchestrés par la direction !  
          Pour terminer sur la période 74-71, il faut noter que le  successeur actuel du Professeur  Raymond Hamelin, M. le Dr. Eric Maurincomme (GE 88, formé à l’Université de Californie à Davis selon Google !) a bradé sa politique de coopération internationale en direction des pays en voie de développement, et ce en dépit des recommandations des membres externes du Conseil d’Administration pendant son premier mandat de 2011à 2016. Que va-t-il rester de l’INSA en 2021 ? 
 
Prof. Jean-Claude Boyer.

lundi 27 février 2017


INSA de Lyon INSA-Lyon 5717 - Chapitre 2 :  61-74

            Ce chapitre est caractéristique de la piètre qualité factuelle du document mis en ligne.

Il  débute avec une erreur de chronologie : la date d’arrivée de Marcel Bonvalet est 1967, et non 1966, voir sa biographie sur Internet. Le baptême de la 11° promotion fin 1967 avait salué son introduction de l’informatique à l’INSA de Lyon en appelant l’école IBM pour Institut Bonvalet Marcel.

L’information concernant l’absence totale d’étudiants de l’ISIN sur le campus de l’INSA parait aussi être erronée. Un petit groupe avait suivi la petite équipe d’enseignants qui a constitué ensuite le noyau du département Génie Mécanique Développement. Le modèle de l’ISIN consistait à supprimer les cours magistraux et économiser des chargés de TD. Les cours étaient remplacés par des enregistrements  vidéos courts et diffusés sur des téléviseurs placés dans les salles de TD avec les étudiants de l’année N+1 officiant comme moniteur des étudiants de l’année N. Une dent du peigne du premier cycle avait été aménagée pour appliquer cette innovation pédagogique. Elle n’a pas survécu longtemps au départ précipité de son promoteur.  Des élèves de l’ISIN présents à l’INSA de Lyon avaient aussi été utilisés pour la formation à la programmation FORTRAN des 9°, et 10° promotions, voire de la 11°. Initiative qui doit être saluée pour avoir permis à un grand nombre d’élèves INSA de s’initier aux prémices de l’informatique scientifique. Le corps professoral et l’association des anciens de l’INSA se sont opposés à l’attribution du diplôme INSA à ces étudiants qui ont du repartir à Nancy peut être quelques mois pour obtenir celui de l’ISIN. Pour avoir des informations exactes sur cet épisode malheureux, M. le Professeur Michel Lalanne pourrait être consulté.

Pour rester fidèle aux événements de l’époque, il faut préciser que Marcel Bonvalet n’a pas été « exfiltré » de l’INSA de Lyon comme le Recteur Capelle en 61 mais « redirigé » par le ministère à Antanarivo (Madagascar) après une année de direction de l’INSA de Lyon. Sa gestion des deux mois de grève en Mai et Juin 68 lui a valu cette promotion rapide de recteur…

La description de l’éclatement en 1969 des 3 départements initiaux n’est pas conforme à la réalité. Certains enseignants des  sections Mécanique Appliquée et Construction Mécanique du Département de Mécanique originel ont créé le département Génie Mécanique Construction renommé plus tard Génie Mécanique Conception. D’autres enseignants de la spécialité Construction Mécanique ont donné le jour au département éphémère Génie Mécanique Energétique. Les causes de sa disparition vaudraient encore la peine d’être analysées. Le département Génie Energétique lui a plus ou moins succédé en 1975 avec une meilleure réussite, en associant des rescapés du département de Chimie Industrielle disparu la même année. Simultanément les équipes de Génie Physique ont donné naissance à Génie Physique Matériaux avec  les autres collègues de Chimie Industrielle. Les collègues venus de l’ISIN avec Marcel Bonvalet et l'équipe du Professeur Maurice Godet ont fondé en 1969 le Département Génie Mécanique Développement.  Cette année 69  a vu naitre aussi:
- le département d’Informatique créé par M. le Professeur Robert Arnal avec les enseignant de la section EN.
- le département Génie Electrique qui a succédé à la section EA, Electrotechnique Appliquée
- le département de Génie Civil et Urbanisme, fusion des sections Constructions Civiles et Génie Urbain du département de Mécanique.
- le département de Chimie a éclaté en deux pour former le  département Biochimie et le département de Chimie Industrielle qui a disparu en 1975 avec la crise du secteur et la priorité locale donnée à l’ESCIL….
 
Il y a eu ensuite en 1999 des changements de sigle avec:
- Génie Physique Matériaux  est devenu Sciences et Génie des Matériaux
- Génie Energétique  a été modifié en Génie Energétique et Environnement
- Biochimie a changé pour Biosciences
 

Il faut remarquer que ce passage de 4 à 5 ans de formation a allongé la durée du cursus mais il n’a pas augmenté le temps pédagogique. Les premières normes dites « internationales » sont apparues à cette époque. Jusqu’à la 10° promotion, les 32 semaines d’études annuelles comportaient 40 heures hebdomadaires à l’emploi du temps, il y avait des cours le samedi matin, comme au lycée.  L’augmentation d’une année a conservé les 32 semaines annuelles mais a imposé une réduction à 32h du face à face pédagogique hebdomadaire. A partir de la 11éme promotion, chaque étudiant recevait donc 5 ans x 32 semaines x 32 heures de formation pour préparer son diplôme ce qui est rigoureusement égal à 4 ans x 40 heures x 32 semaines mais, selon les technocrates et politiques du moment, les formations en quatre ans étaient de moindre qualité que celles en cinq ans ! Il est vrai que le temps d’assimilation est une donnée importante pour l’acquisition des connaissances et l’apprentissage des compétences mais la motivation première de ce changement était l’alignement sur les Ecoles Nationales Supérieures d’Ingénieurs en format 2 ans de CPGE + 3 ans de spécialité, à ne pas confondre avec  les Ecoles Nationales d’Ingénieurs post-bacs. Les salaires d’embauche des formations Bac+5 étaient déjà supérieurs à celles des Bac+4.
Ce passage de 4 à 5 ans a aussi été l'occasion de généraliser à toutes les spécialités l'obligation du stage de longue durée d'un semestre académique environ en 4° année (et fin de 3° année?). Cette disposition ne concernait que les sections dites appliquées des trois départements jusqu'à la 10° promotion. Les élèves d'Electrotechnique Appliquée, Mécanique Appliquée, et Génie Urbain n'avaient que 7 semestres de face à face pédagogique, environ 4200 heures en enlevant une semaine d'examens semestriels. La formation des sections générales avant 1970 inscrivait 4800 heures ç l'emploi du temps des 4 ans. Après, chaque spécialité avait environ 3360 heures de face à face pédagogique. Première réduction significative des dotations horaires mais avec une préparation au monde industriel très favorable à la première embauche pour les étudiants comme pour les entreprises pour trier les futurs demandeurs d'emplois.
 L'existence du stage industriel de longue durée n'est pas à remettre en cause mais il faut savoir que c'est une pratique typiquement française. Elle pose le problème de la reconnaissance du diplôme d'ingénieur comme équivalent à un Master à l'étranger car le cursus académique n'est que de 7 semestres académiques et non 8 comme "l'exige" par exemple le fameux processus de Bologne autrement appelé système LMD. Les changements de 1970 ont toujours des répercussions  dans le combat continuel entre les Universités et les Grandes Ecoles en France comme à l'étranger. Il faut des directions puissantes et compétentes pour défendre un système qui fait toujours ses preuves dans l'industrie.
 

             Dans ce chapitre, le démarrage des relations internationales est évoqué de façon indirecte. Mme Gille n’avait pas  que cette responsabilité, en fait, assez accessoire. Si on ne considère pas les relations du recteur Capelle avec ses collègues allemands et un premier jumelage avecla Technische Hochschule  de Karlsruhe ( fondée en 1865) et l'INSA de Lyon, le premier acteur notable a été effectivement M. Jacques Robin après sa période de directeur par intérim. Mais les départs à l'étranger se comptaient facilement avec les deux mains! Ce serait intéressant de retracer les activités « internationales » de cette époque pour établir une évolution factuelle au-delà de l’anecdote du double diplôme d’ingénieur KARLINSA.
            La conclusion du paragraphe « les premiers regards tournés vers l’international » laissent penser que l’INSA de Lyon n’a vraiment développé son activité d’échanges académiques internationaux qu’à partir de 2002. C’est très réducteur et occulte la montée en puissance de ce secteur qui a été avant 2011 un des points forts de l’INSA de Lyon. Le double diplôme avec l’Université de Technologie de Karlsruhe n’était que le second signé par le Département Génie Mécanique Conception. L’initiative de ce type d’accord de double diplôme revient au Vice-président RI (un vrai) de l’Université Polytechnique de Catalogne, Professeur d’Université à l’ETSEIB. Il a proposé dés 2000  des cursus mixtes entre son établissement et l’INSA de Lyon après avoir fait la même démarche auprès de l’INSA de Toulouse. Sa motivation était  la défenses des intérêts des étudiants espagnols pour que leurs diplômes français d’ingénieurs soient reconnus par l’Ordre des Ingénieurs Espagnols pour prétendre à une rémunération en tant que tels en Espagne. Un troisième accord incluant le Génie Civil, le Génie Electrique et le Génie Mécanique a été signé par Alain Storck en 2003 avec Trinity College dans leurs locaux à Dublin.
            Ces premiers accords de double diplôme ont permis à l’INSA d’être un des très rares établissements français ayant obtenus la gestion d’un Master Erasmus Mundus. Ils n’étaient qu’un des résultats de la politique internationale dynamique lancée par M. le Professeur Jean-Claude Bureau bien avant 2000. Il aurait été intéressant de faire figurer en bonne place dans le document 5717.insalyon l’évolution des relations internationales de l’INSA de Lyon même si elles sont passées depuis plus de cinq ans au second plan des préoccupations de la direction actuelle. L’expérience Euforia aurait pu être évoquée ainsi que la création des sections internationales EURINSA (1991) , ASINSA, et AMERINSA. Ces événements auraient mérités une place au moins équivalente à l’anecdote de la création du double diplôme d’ingénieur avec Karlsruhe !
          Le prédécesseur de M. Jean-Claude Bureau était M. le Professeur Henri Botta. L’INSA lui doit les premiers accords ERASMUS-SOCRATES-LEONARDO et la mise en place de leurs gestions ainsi que les très bons succès aux bourses d’échanges internationaux offertes par la Région Rhône-Alpes.
 
         Les choix éditoriaux de ce document considéré comme historique sont très étranges. Il est vrai qu’en matière de développement des relations internationales, le présent est difficilement comparable avec un choix politique délibéré de stagnation-régression de la direction en place depuis plus de cinq ans. On voit mal comment figurer aux premiers rangs d'un éventuel classement européen des écoles d'ingénieurs.
 
Prof. (retraité) Jean-Claude Boyer

 

mardi 21 février 2017


INSA de Lyon - Naissance du modèle - Chapitre 1 : 1957/61 - Commentaires

Les lecteurs non avertis de ce premier chapitre auront du mal à retrouver les bases du modèle INSA au milieu des récits à caractère essentiellement anecdotique. L’hébergement de qualité et de cout abordable était un élément social non négligeable du nouveau modèle. Mais l’autodiscipline dans les résidences n’est pas la révolution majeure apportée par le Recteur Capelle et Gaston Berger.

Leur idée fondamentale a été la création d’une école supérieure d’ingénieurs recrutant après le bac. C’était iconoclaste à l’époque, avec l’abandon hérétique de la voie royale passant par les classes préparatoires aux concours d’entrée des Grandes Ecoles pour former des cadres supérieurs. L’entretien d’admission avec un enseignant, un ingénieur, et un psychologue était en rupture totale avec le critère de la méritocratie dite républicaine. Ces critiques sont toujours entretenues pour  maintenir le distinguo entre les écoles post-bacs et les écoles historiques, malgré la préparation intégrée avec l’année de propédeutique devenue ensuite le premier cycle de deux ans. Les premiers enseignants  en première année étaient des professeurs agrégés ayant enseigné en Mathématique Supérieure et Mathématique Spéciale….

Le second élément majeur du modèle INSA était la place réservée à l’enseignement des Humanités dans le cursus de l’ingénieur dés 1957. C’était innovant pendant longtemps. Mais depuis une vingtaine d’années, la Commission du Titre de l’Ingénieur impose un minimum de sciences humaines et sociales dans tous les cursus d’ingénieurs.

Le modèle INSA, c’était aussi une dynamique tournée vers la formation. Pendant longtemps, les ouvrages scientifiques destinés à l’enseignement supérieur étaient extrêmement chers. Les enseignants et enseignants-chercheurs de l’époque ont écrits de très épais polycopiés dans chacune de leurs matières pour éviter aux étudiants l’achat de livres couteux. La composante sociale dans l’enseignement de l’INSA de Lyon n’était pas que la dialectique démagogique, la sélection par l’argent n’avait pas sa place. Est-ce toujours vrai ?

 

En 2017, que reste-t-il d’original pour parler d’un modèle INSA. Il serait légitime de se poser la question pour l’avenir. Dés 1963, les Ecoles Nationales d’Ingénieurs de Tarbes, Brest, Metz, et St-Etienne ont aussi recrutées au niveau du baccalauréat. Le réseau des Universités de Technologie est né en 1981 avec le démarrage de Compiègne. L’INSA de Lyon a été la première école d’ingénieurs post-bac créée ex nihilo, mais parmi les 210 établissements recensés à ce jour, ce n’est plus très original. Nous restons les plus gros, cet avantage de taille nous a permis de rester longtemps à la première place des classements nationaux. Ce n’est malheureusement plus le cas, contrairement à ce qui est annoncé dans la rubrique DECOUVIR au titre de la renommée. Doit-on véhiculer des fausses informations ?

 

Historiquement, l’éviction du Recteur Capelle est un fait peu connu. A-t-il été victime de la bureaucratie de l’époque ou des lobbys conservateurs ? Cet évènement important suscite des questions sur les statuts de l’INSA de cette première époque. Comment l’établissement était organisé ? Sur quelle structure s’appuyait le Directeur. Quels rôles avaient les directeurs des trois départements de spécialité ? Quels laboratoires ont existé pour démarrer l’activité recherche. Quid de l’organisation de la recherche. Quelles étaient les prérogatives de l’administration et de la tutelle ministérielle?

 

Les conditions de disparation du stage de ski seraient à vérifier avec les témoins de l’époque.
Les étudiants étaient accueillis dans les chalets UCPA pendant une semaine de Février entre la fin du 1er semestre et le début du second, lorsque les vacances scolaires d’hiver n’existaient pas. En 1970, année de la catastrophe de Val d’Isère, des étudiants INSA ont fait partie des victimes. Le caractère obligatoire du stage de neige avait été critiqué en Mai 68 par les groupes d’extrême gauche. Ils y voyaient un conditionnement aux sports des « patrons ».
Le cout du stage était compris dans les frais de scolarité, environ 1200 Francs/an. En fait l’UCPA a du opter pour une autre clientèle lors de l’introduction des vacances d’hiver à tous les niveaux d’enseignement.

 

A l’époque, l’esprit INSA était effectivement caractérisé par l’humilité et le peu d’arrogance des ingénieurs diplômés. Est-ce que ces qualités originelles sont toujours d’actualité?

mercredi 15 février 2017


La lecture totale du document 5717.insa-lyon.fr laisse un sentiment étrange de travail incomplet, parfois erroné. La qualité du contenu n’est pas à la hauteur de l’histoire d’un établissement d’enseignement supérieur scientifique. Le public visé n’est pas défini, mais quels que soient les lecteurs éventuels, il y a un problème. Les anciens étudiants et membres du personnel relèveront les erreurs et omissions, et ils douteront du sérieux de l’exercice. Cette initiative tout à fait louable se doit d’être aussi exacte que possible sur les faits pour atteindre une crédibilité à la hauteur des ambitions de l’établissement. Il y a encore suffisamment d’acteurs vivants pour corroborer des souvenirs afin d’établir une base historique aussi exacte que possible. Une tentative d’ouvrage papier sur l’histoire de l’INSA de Lyon  a été entreprise par Francis Maupas. Est-ce que sa recherche de témoignages a été consultée ? Il doit avoir établi une chronologie exacte et complète des évènements. Un échantillon représentatif d’anciens étudiants des premières promotions aurait du être consulté pour synthétiser les mémoires ? Une démarche systématique aussi scientifique que possible est indispensable pour écrire correctement les faits du passé. On ne doit pas se contenter d’une présentation Twitter pour  présenter une grande école qui se bat encore pour continuer son développement.

Il n’est pas trop tard d’améliorer le document existant pour constituer petit à petit une référence digne des 60 ans passés. Il suffirait de demander aux lecteurs du document de communiquer leurs remarques pour faire évoluer la première version en éliminant les erreurs et combler diverses lacunes.

Chaque chapitre de 5717.insa-lyon.fr fera l’objet d’un prochain article. Des propositions de corrections et des ajouts éventuels pourraient être soumises à un comité de rédaction garantissant la véracité des faits et choisissant la pertinence du contenu de cette Histoire peut-être en devenir.

lundi 13 février 2017


Pour les soixante bougies de l’INSA de Lyon, la direction de la communication de l’établissement a mis en ligne un document intitulé 5717.insa-lyon.fr. C’est une heureuse initiative dans l’absolu qui ressemble à un texte historique destiné à de nombreux publics.             Après réflexion, en tant qu’ancien élève de la 10° promotion et enseignant-chercheur du département GMC de 1979 à 2016, j’ai été amené à me poser des questions sur la qualité réelle du produit et ses finalités.

Ce blog éphémère et apériodique ne sera que la compilation de mes interrogations suscitées par l’analyse subjective et parfois objective des 7 chapitres. Elle sera polémique et ironique pour certains.

            Ce premier article est limité à une critique sur la forme : le choix des couleurs du support. Il parait loin de traduire le dynamisme d’un établissement se voulant tourné vers l’avenir. Quelle reconnaissance de l’image de l’établissement suscitera-t-il ? Est-ce que la communauté des 40 000 personnes, formée des étudiants, anciens et actuels, ainsi que de tous les personnels ayant travaillé ou travaillant encore à l’INSA, se reconnaitra dans cette « charte » graphique ?

La trame grise fait vieillotte, poussiéreuse… Six décennies, c’est jeune pour une grande école d’ingénieurs. L’Ecole Polytechnique date de la Révolution (Monge, 1794), les Mines de 1783, les Ponts de 1747. Les Arts et Métiers ont décerné leurs diplômes d’ingénieurs en 1907 ! Le premier document public sur l’histoire de l’INSA aurait mérité une couleur d’actualité, pas celle d’un grimoire bistre trop peu ancien pour faire date.

Les canons graphiques actuels de la communication sont décidément bien tristes, surtout quand ils terminent chaque chapitre par un bandeau de deuil! Choix prémonitoire peut-être ? Le Chapitre 1 s’intitule « la naissance du modèle INSA», mais avec cette énorme bande noire, le titre d’un Chapitre 7 consacré à l’avenir aurait pu être «l’enterrement du modèle INSA ». L’Université de Lyon y figure comme ordonnateur des pompes funèbres.

 Le second article traitera de la qualité historique du document, questionnement lié aux choix éditoriaux.

 Prof. (retraité) Jean-Claude Boyer